Orèmi, l'Amour au cœur du chaos  

Epilogue

Dans mes pensées les plus profondes, une question revient sans cesse : quelle est cette sensation indescriptible que ressentent ceux qui prétendent être amoureux ? Existe-t-elle véritablement, cette entité appelée "vrai amour", ou n'est-ce qu'un mirage, une illusion entretenue par les contes et les écrans ? Je me suis souvent perdu dans ces réflexions, influencé par les images idéalisées du grand amour que j'ai tant admirées dans les films et les séries. Ces histoires passionnées et tumultueuses, sont-elles le reflet de quelque chose de réel, ou bien simplement un rêve inaccessible ? Avant de le rencontrer, celui qui allait devenir mon véritable amour, j'étais submergée de questions. J'ignorais alors que ma vie était sur le point de basculer, telle une vague déferlante qui redessine les contours d'un rivage que l'on croyait éternel. À cet instant, mes réflexions sur l'amour véritable ressemblaient à des constellations lointaines - brillantes mais insaisissables dans l'immensité de la nuit. Je cherchais des réponses partout : dans les pages des romans, sur les écrans de cinéma, dans les confidences des autres. Pourtant, je ne faisais qu'effleurer la surface d'une énigme qui me dépassait. L'amour restait pour moi un concept abstrait, une promesse dont je percevais l'écho sans en saisir la pleine mesure. J'étais loin d'imaginer à quel point sa venue allait tout bouleverser, transformant mon monde aussi sûrement que les saisons métamorphosent un paysage. 

Chapitre1 : L'été de tous les possibles

Le soleil de juillet inondait la petite chambre de Orèmi et de sa grande sœur Naya, ses rayons dansant sur les murs couverts de photos et de posters. Pour la plupart des lycéens, c'était le début des grandes vacances. Mais pour Orèmi, fraîchement bachelière, c'était le commencement d'une nouvelle vie.
Point de vue de Orèmi
Je m’étirai dans mon lit, repoussant ma couette ornée de motifs floraux qui avait été mon refuge pendant tant d’années. La chambre me paraissait soudain trop petite, presque à l’étroit, comme si elle n’était plus capable de contenir tous les rêves et les espoirs que j’avais entassés en moi au fil des années. Les murs, couverts de photos de famille et de posters de groupes musicaux, semblaient me regarder avec une tendresse mélancolique, comme s’ils comprenaient que le moment était venu de partir.
Je pris mon téléphone, un sourire flottant sur mes lèvres en voyant les messages de félicitations qui continuaient d’affluer. Le bac en poche, le monde me paraissait vaste et ouvert devant moi, comme un horizon infini où je pouvais tracer ma propre route. C’était étrange de réaliser que cet été marquait le début de quelque chose de nouveau, quelque chose dont je n’avais encore qu’une idée vague et incertaine.
• Alors, prête pour la grande aventure ? m’avait demandé Naya la veille, avec un sourire encourageant.
Prête ? Je n’en étais pas si sûre. À 17 ans, je me trouvais sur le seuil d’un précipice à la fois excitant et terrifiant. L’université à la rentrée, peut-être un petit boulot d’été, et ces deux mois de liberté qui se déployaient devant moi comme une page blanche, pleine de promesses mais aussi d’incertitudes. C’était comme se tenir au bord d’un pont, hésitant entre faire le grand saut ou rester sur la rive de la sécurité et du connu.
Je me levai lentement, passant devant le miroir de ma coiffeuse. Mon reflet me renvoyait l’image d’une jeune fille encore en transition entre l’enfance et l’âge adulte. Mes longs cheveux crépus étaient en bataille, un peu comme mes pensées, éparpillées et indomptées. Mes yeux verts brillaient d’une anticipation nerveuse et joyeuse, un mélange d’espoir et d’appréhension que je n’avais jamais connue auparavant.
Je murmurai, presque pour moi-même, en regardant mon reflet dans le miroir :
« Est-ce que c’est cet été que tout va changer ? »
C’était une question à laquelle je n’avais pas vraiment de réponse. Cet été était censé être un tournant, un moment de transition entre le monde familier du lycée et les défis incertains de l’université. Mais comment se préparer à l’inconnu, surtout quand cet inconnu était aussi vaste et indéfini que l’avenir ?
Je pris une profonde inspiration, me forçant à balayer ces pensées envahissantes. Je devais être optimiste, faire le choix de voir ce changement comme une opportunité plutôt qu’une menace. Si je me laissais submerger par la peur, je risquais de manquer toutes les chances de vivre pleinement ce moment.
Je décidai de sortir de ma chambre, la chaleur du soleil me caressant le visage comme un doux encouragement. Je descendis les escaliers en écoutant le doux murmure du vent à travers les fenêtres ouvertes, et en rejoignant le salon, je vis Naya assise sur le canapé, plongée dans un livre. Son air détendu contrastait avec mon état intérieur tumultueux.
« Alors, comment tu te sens aujourd’hui ? » demanda-t-elle, levant les yeux vers moi avec un sourire réconfortant.
Je m’assis à côté d’elle, cherchant les mots pour exprimer ce que je ressentais sans paraître trop anxieuse. « Je suis… je suis un peu nerveuse, je crois. C’est un peu comme être en haut d’une montagne, juste avant de descendre. On a vu le panorama, on sait qu’on va avancer, mais on ne sait pas trop ce qui nous attend. »
Naya ferma son livre et me regarda avec une compréhension tranquille. « C’est normal d’avoir peur. Le changement, c’est toujours effrayant, mais c’est aussi ce qui rend les choses excitantes. »
Ses mots étaient comme un baume sur mes nerfs tendus, et je sentis un soulagement léger. Peut-être qu’elle avait raison. Peut-être que ce changement était la clé pour découvrir une partie de moi que je n’avais pas encore explorée.
« Tu as raison, Naya. » Je lui rendis son sourire, plus sincère cette fois. « Peut-être que c’est cet été que tout va vraiment changer. Je dois juste être prête à saisir les opportunités quand elles se présenteront. »
Elle hocha la tête, ses yeux brillants d’une sagesse bienveillante. « Exactement. Profite de chaque instant, Orèmi. C’est ta chance de créer ta propre histoire. »
Nous restâmes là, en silence, profitant de ce moment simple mais précieux. Je savais que l’avenir était incertain, mais j’avais aussi compris que chaque étape de ce voyage serait une chance d'apprendre et de grandir. Cet été n’était pas une fin, mais le début d’une nouvelle aventure.
Je me levai en sentant une nouvelle détermination se frayer un chemin à travers mon anxiété. Le monde s’ouvrait devant moi, prêt à être exploré, et j’étais prête à faire le premier pas.